====== Internet un nouveau moyen d'accès à l'élite ====== Titre général du mémoire : **Les nouveaux médias et la mode, vers une nouvelle conception de l'élite**. La première partie définit la notion de mode, la seconde détermine l'importance de l'élite au sein du milieu de la mode, la troisième, la voici, elle parlera notamment des nouveaux médias et la diffusion de l'information et de l'influence des nouveaux médias dans la mode avec notamment une reconsidération des moyens d'accès à l'élite. ===== Introduction aux nouveaux médias===== Pour simplifier le raisonnement, nous n'aborderons pas dans ce mémoire la Fracture Numérique, et nous nous focaliserons sur l'état des lieux dans les Pays Développés à Economie de Marché (PDEM). Les pays émergents et les pays moins avancés mériteraient une étude comportementale différente. Il n'est pas exclu que l'Internet ait changé les comportements, ne serait-ce que par la quantité de cyber-cafés qui ouvrent en Afrique ou en Inde, même dans des endroits reculés et peu fréquentés par les touristes occidentaux, mais ceci n'étant pas l'objet de ce mémoire, nous restreindrons notre étude aux PDEM. Au sein des PDEM, l'Internet a changé en profondeur le rapport à l'information. Avec en France un taux d'équipement ayant dépassé en 2008 un foyer sur deux((Source: rapport Anna Lööf pour Eurostat, Data in focus 16/2008, [[http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KS-QA-08-046/EN/KS-QA-08-046-EN.PDF]])), l'Internet est entré dans notre vie et est passé en une dizaine d'années (1999-2009) de "moyen de communication" à "média d'information". Cette place que prend Internet a su intéresser les entreprises avec des budgets d'investissements publicitaires en fulgurante progression((La part des budgets de communication des entreprises françaises alloué à l'Internet est en progression annuelle de 150% depuis 2006 alors que le budget global de communication oscille entre 5 et 7%. A lui seul, Internet représente près de la moitié de cette croissance. source : Etude TNS media/2008)) mais aussi les politiques((Pour mesurer l'impact d'Internet sur le monde politique Français, lire "Le cinquième pouvoir : comment Internet bouleverse la politique", Thierry Crouzet, Bourin 2007 et visualiser le documentaire de Frédéric Biamonti intitulé "La Campagne du Net" diffusé sur ARTE le 8 mai 2007 et disponible en ligne)). L'Internet est devenu un média d'influence où on peut espérer une communication ciblée, riche, instantanée, c'est réellement notre rapport à l'information qui a été bouleversé. La diffusion via Internet est basée sur un principe de gratuité, et de viralité. Nous analyserons ces concepts et l'impact de ce fonctionnement si particulier sur la remise en question de l'élite et les moyens d'accès à la popularité. En poussant plus encore ce raisonnement de foisonnement d'information, nous arrivons également sur le concept de communication parfaite de pair à pair (peer to peer) qui est un des fondements de l'Internet, la mise en pratique de cette théorie a fait naître la notion de mini-média et par ce biais la naissance de nouveaux acteurs. ===== Le rapport à l'information : ce qui a changé ===== En inventant le protocole d'échange informatique qui donna naissance au World Wide Web, Tim Berners-Lee ((Tim Berners-Lee est considéré comme le créateur d'Internet en 1989)) a eu une idée originale et dont les conséquences ont dépassé ses attentes ; l'idée était simple mais allant à l'encontre de ce qui se faisait : créer un réseau ouvert. Un réseau ouvert – c'est à dire auquel n'importe qui peut se connecter librement – qui a remodelé drastiquement le fonctionnement intrinsèque de ce média : il est devenu gratuit. Créer un réseau décentralisé, déréglementé, ouvert et donc gratuit allait en sens inverse de tous les systèmes pré-existants comme le minitel((En 1984 36 15 SNCF coûtait un Franc à la minute, 60% étaient reversés à la SNCF par l'opérateur téléphonique France Télécom)) et allait changer radicalement la donne en terme de structure de l'information. L'information n'est plus centralisée, structurée et régulée mais organique, elle ne répond à aucune nomenclature, et ce n'est que par le jeu des liens hypertexte qu'elle apparait. Cette information accessible immédiatement, riche et de source multiples a changé notre rapport à l'information : notre rapport à l'espace, au temps, à la fiabilité de l'information, à sa pérennité et a fait naître en nous de nouvelles exigences. ==== Le rapport à l'espace ==== Avec l'apparition du réseau global Internet s'est développée la notion d'universalité, d'internationalisation de l'information. Dès lors qu'il est aussi simple, rapide et gratuit d'envoyer un message à Nanterre qu'à Tokyo, dès lors que le publier sur Internet, c'est le rendre immédiatement disponible aux Internautes du monde entier se développe l'idée qu'Internet est le moyen de communication du Village Mondial((Voir "L’idiot du village mondial. Les citoyens de la planète face à l’explosion des outils de communication : subir ou maîtriser", Michel Sauquet, 31 décembre 2004, Editions Charles Leopold Mayer, Paris, 2004.)). De cette particularité, et du développement de l'anglais comme langue officielle, ou du moins de son substitut dialectique, le Globish((Lire "Don't speak English, parlez Globish" de Jean-Paul Nerrière, Eyrolles, 2004.)) naît la possibilité de s'informer à la source. Durant le conflit israélo-libanais de 2006, Mazen Kerbaj((Voir en ligne : KERBLOG, [[http://mazenkerblog.blogspot.com/]])), jeune illustrateur Libanais habitant de Beyrouth donne une information sur les événements et quelques réactions de la population autour de lui. De même, //River//((Voir en ligne : Baghdad Burning, [[http://riverbendblog.blogspot.com/]])) une habitante de Bagdad a tenu entre 2003 et 2007 un blog fourni et détaillé sur la Guerre d'Irak et donne un avis politiquement engagé et profondément humain sur les événements et le ressenti de la population irakienne. Ces deux sites ont connu des audiences importantes, et démontrent le fait qu'une partie grandissante des internautes a pris l'habitude de s'informer directement à la source quand bien même celle-ci se trouverait à l'autre bout du monde. Nous faisons confiance à ces gens, acteurs de premier plan des événements dont ils sont les témoins, dont les récits ne sont pas censurés. Ce principe s'applique parfaitement au monde de la mode, il permet à tout le monde de diffuser les dernières informations du lieu même où il se trouve lorsqu’il en prend connaissance. On est bien loin de l’ancien système que décrit la journaliste de mode Janie Samet.(("Chère Haute Couture", Janie Samet, Paris, Plon, 2006..)) ==== Le rapport au temps ==== === L'immédiateté === Avec la généralisation des lignes haut débit et de l'Internet dit "mobile" sur des terminaux portables comme les téléphones cellulaires est né la notion d'immédiateté. Cette immédiateté est une sorte d'impatience consumériste informationnelle : //je ne peux pas attendre de savoir quelle est la hauteur exacte de la tour Eiffel, par mon téléphone portable j'ai accès à l'information en quelques secondes//. Cette immédiateté se traduit également par la recherche de l'information la plus fraîche. Le site du magazine l'Equipe.fr a décidé lors de la coupe du monde de rugby 2007 de mettre en ligne un dispositif permettant de suivre en temps réel les matchs. Non plus les résultats des matchs terminés, mais les scores réactualisés toutes les secondes avec la position exacte du ballon sur le terrain et les retranscriptions des commentateurs sportifs se rafraîchissant toutes les 2 à 3 secondes. C’est un concept qui pourrait être appliqué au monde de la mode, les défilés de modes seraient présentés en temps réel. Une retransmission est possible par le biais de chaînes de télévision, de la même façon que celles qui existent entre les différentes fédérations sportives et certaines chaines dont les matchs et championnats sont retransmis en direct. La retransmission est alors accordée moyennant argent en exclusivité à une chaîne. Plus le sport compte d’adeptes et de spectateurs et plus le prix de la retransmission sera important. La retransmission des défilés de mode se fait déjà par le biais d’une chaîne spécialisée : Fashion TV, mais il n’y a pas de direct des défilés de haute couture ou de prêt-à-porter. Le public n’étant pas aussi important dans ce domaine que dans le domaine du sport, la retransmission en direct n'intéresse pas les chaînes de télévision. Autre conséquence de la multiplication des terminaux portables et de la facilité de diffusion du média, c'est que l'information brute n'est plus soumise au monopole du corps des journalistes. L'information qui ne transite plus par le biais d'une rédaction a moins de chance de subir une censure que celle qui transite par un journal renommé ou organe officiel. Cette notion rejoint celle du mini-média sur laquelle nous reviendrons. Le 15 Janvier 2009, le vol US Airways 1549 subit un accident aérien au-dessus de New York. Peu après le décollage, l'Airbus A320 percute un groupe d'oiseaux, ce qui provoque une perte de puissance des réacteurs. A 15h31, le pilote fait un amerrissage d'urgence dans le fleuve Hudson, face à Manhattan((« Un Airbus s'abîme dans l'eau près de Manhattan, les passagers sauvés », Le Monde, 16 janvier 2009.)). A 15h36, Janis Krums ((voir sur twitter [[http://twitter.com/jkrums]] )), un entrepreneur en déplacement à New York publie à partir de son appareil photo intégré à son téléphone le message suivant accompagné d'une photographie ((La photographie du vol US Airways 1549 [[http://twitpic.com/135xa]])). : "There's a plane in the Hudson. I'm on the ferry going to pick up the people. Crazy."(("There's a plane in the Hudson. I'm on the ferry going to pick up the people. Crazy.", Janis Krims [[http://twitter.com/jkrums/status/1121915133]])) ("Il y a un avion dans l'Hudson. Je suis sur le ferry qui va chercher les gens. C'est dingue."). Le lendemain, cette photo est reprise par les principaux médias, mais la première information diffusée a été publiée sur le net et a déjà été consultée par des milliers d'internautes du monde entier avant même que le premier journaliste n'arrive sur les lieux. Dans le monde de la mode ce principe permet à tout le monde de diffuser les dernières informations du lieu même où il se trouve lorsqu’il en prend connaissance. On est bien loin de l’ancien système que décrit la journaliste de mode Janie Samet. Elle décrit sa façon de travailler qui a évolué de façon très importante depuis les années 1980 "(...)au quinzième modèle d’un défilé qui en compte une petite cinquantaine, je démarre, les yeux fixés sur le podium, les doigts au dessus du clavier et, juste avant le final, file transmettre par téléphone au journal mes certitudes en vingt cinq lignes qui sont aussitôt mises en page."((J. SAMET, Chère Haute Couture, Paris, Plon, 2006 p 95-96.)) "Ce n’est qu’au début des années 80 que, le journal s’informatisant, la technique permit de franchir le mur du temps. Avant c’était épique. Raturé à mort et indéchiffrable, car griffonné dans le noir sur mes cahiers à spirale, je devais transmettre mon article vite fait au journal pour qu’il paraisse dans l’édition du lendemain. A la sortie commençait la course aux cabines téléphoniques mais, les correspondants étrangers étant nombreux à devoir joindre leurs rédactions, tous les téléphones intérieurs étaient pris d’assaut. Il fallait ressortir, sauter dans la voiture, courser les taxiphones, avant d’embrayer sur un autre défilé."((J. SAMET, Chère Haute Couture, Paris, Plon, 2006 p 96.)) Depuis ces dernières années, les choses ont changé, les rédactrices de mode et journalistes transmettent en direct leurs premières information et premières impressions à propos du défilé(([[http://twitpic.com/e6ie]] - Un vrai defile haute couture chez Giambattista Valli, cisele, epure, hors du temps : une reussite. 5:15 PM Oct 2nd, 2008 from TwitPic. Géraldine Dormoy, bloggeuse et journaliste de mode partage en temps réel ses impressions sur le défilé)). De plus en plus d’acteurs du monde de la mode envoient des textes, photos, vidéos, avant la fin du défilé. Le public veut avoir l’information avant tout le monde, bien avant que l’on retrouve les comptes rendus dans les journaux du lendemain. En attendant la levée du rideau, tout le monde est accroché à son téléphone pour transmettre les premières nouvelles à sa rédaction ou sur son blog. C’est l’information immédiate, en direct qui intéresse le monde de la mode et ses admirateurs. Avoir l’impression de vivre le moment, d’être aussi au défilé, d’appartenir à cette élite. C’est d’autant plus vrai que si les défilés étaient en direct, y assister perdrait de son caractère élitaire. Le public a désormais besoin de cette information en direct des événements liés à la mode, c’est le moyen pour lui de se sentir impliqué dans le déroulement des manifestations, il peut récolter ainsi les différentes impressions de ceux qui y assistent. C’est à lui ensuite d’en faire le tri et de réaliser une sorte de travail journalistique. En utilisant les différentes informations qui émanent d’un défilé de mode, il peut se faire sa propre opinion de ce qu’a été le défilé presque comme si il y avait lui même assisté. === Le Flux tendu === Internet, média essentiellement orienté vers la publication écrite, s'affranchit de la notion de périodicité. N'étant pas soumise à toutes les contraintes traditionnelles du média papier, la publication se fait "au besoin", ainsi, alors que Le Monde publie tous les jours un journal composé par le même nombre de pages, la quantité d'informations publiées sur le site lemonde.fr peut varier du simple au double en fonction de l'actualité. C'est cette logique d'information en flux tendu qui l'emporte sur le média Internet. ==== Le rapport à la fiabilité et la permanence de l'information ==== De par sa complexité technologique, Internet a souvent été considéré comme un média peu fiable, son contenu est sans cesse en mouvement, en changement. Les sites Internet ferment ou changent de contenu, les services en ligne fournis par d'ambitieuses start-ups se tarissent avec les liquidités de leurs investisseurs((C'est le cas (entre autres) de Pownce "Blogging company Six Apart has acquired micro-blogging startup Pownce for undisclosed financial terms. It looks like one of those acquisitions where the buyer was more interested in the people than the product", VentureBeat, 1er Décembre 2008)). On reproche à Internet de ne pas pourvoir retrouver les sites Internet, de ne plus avoir de trace de leur existence. Pourtant, irrémédiablement, même dans des ouvrages de recherche, Internet devient un média de plus en plus présent. Il n'est plus choquant aujourd'hui d'avoir comme source un site Internet plutôt qu’un article émanant d'une publication écrite qui sera plus difficile à retrouver, à moins qu'elle soit également publiée sur Internet, naturellement((C'est le cas par exemple du journal Nature dont les articles sont également disponibles en ligne sur [[http://www.nature.com/]])). Dans la presse écrite, on voit de plus en plus de références à des textes, vidéos ou images disponibles uniquement sur Internet. Le support Internet étant cité comme référence et permet aux internautes d’avoir accès à la source ou la référence de l’information en quelques clics. Très récemment, l’article du Monde daté du 10 septembre 2009(("Le dérapage de Brice Hortefeux à l'université d'été de l'UMP", Le Monde du 10 Septembre 2009)) rapporte les faits émanant d’une vidéo prise lors de l’université d’été de l’UMP dans les Landes. On voit sur cette vidéo, Brice Hortefeux et Jean François Copé en train de sympathiser avec des jeunes militants. Ils sont pris en photo avec un jeune d’origine maghrébine et plaisantent avec lui. Ce qui a “choqué” les journalistes présents ce sont les propos tenus par le ministre et qui ont fait de cette vidéo un véritable buzz puisque, en quatre jours, rien que la vidéo mise à disposition par lemonde.fr a fait plus de 1 027 447 vues(([[http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/09/10/le-derapage-de-brice-hortefeux-a-l-universite-d-ete-de-l-ump_1238744_823448.html]]. La polémique date du 9 septembre. Elle est bien vite reprise par tous les médias, télévision, presse écrite, radio et Internet.)). Cette multiplication des références à des sources sur Internet s'accompagne également d'une plus grande maturité et fiabilité du support. La création d'Internet Archives, programme privé à but non lucratif fondé par Brewster Kahle en 1996, une initiative visant à sauvegarder une grande partie des pages Internet par dates permettant ainsi de pallier ce manque de constance et de pérennité de l'information((Internet Archive, la bibliothèque digitale d'Internet, sauvegarde des copies journalières du Web, permettant à sa "Way back Machine" de remonter dans le temps)). Par ailleurs, le concept "cool urls don't change" ("Les Adresses [des sites Internet] sympa ne changent pas") promu par le W3C((Le W3C (pour World Wide Web Consortium) est une organisation qui a pour but non pas de réguler, mais d'apporter des orientations sous la forme de conseils aux acteurs du Net, Tim Berners Lee qui en est le fondateur publie en 1998 "Cool URLs don't change" : [[http://www.w3.org/Provider/Style/URI]])) a été un des facteurs permettant un Internet plus mature et plus fiable. Ainsi, les liens sur-lesquels nous naviguions sur le site du New York Times en 1997 sont toujours utilisables aujourd'hui, plus de dix ans plus tard. De nombreux acteurs alors frileux sur l'utilisation d'un média dont la fiabilité était discutée ont finalement franchi le pas, c'est le cas par exemple de Légifrance((www.legifrance.gouv.fr)) qui est un portail intitulé "Le service public de la diffusion du droit", service public publiant l'ensemble des codes et régulations Françaises sur un site accessible à tous. Réel succès puisque l'audience générée par legifrance a poussé Dalloz à réagir en lançant un service en ligne pour les professionnels((voir en ligne [[http://www.jeveuxdecouvrirdalloz.fr/]])). Nous sommes passés d'une période de méfiance à une phase où l'internaute a compris que sur Internet, la fiabilité de l'information dépend donc de l'acteur qui la publie. Cette confiance de l'internaute se traduit en France par exemple par l'explosion du nombre de lecteurs de journaux en ligne((Newspaper Association of America (NAA) a commandé en 2007 une étude à MORI Research sur le profil du lecteur de journaux en ligne par rapport au profil de l'internaute américain qui montre une évolution de 325% entre 2006 et 2007 du nombre de lecteurs de journaux en ligne)) ==== Le rapport à la réputation ==== Qui peut publier sur Internet ? Tout le monde. Qu'est-ce qui peut être écrit sur Internet ? N'importe quoi. On ne doit plus dire "j'ai lu ça sur Internet", mais "j'ai lu ça sur Rue89((site d'information citoyen et indépendant lancé en 2007 par des anciens journalistes du journal Libération (Pierre Haski, Pascal Riché, Laurent Mauriac et Arnaud Aubron) ))". Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans des travaux de recherche, la mention "source : Internet" a perdu à raison toute crédibilité. La question n'est plus de se demander si Internet est une source d'information fiable, mais si les informations issues du site lemonde.fr ((site du journal éponyme, voir [[http://www.lemonde.fr]])) ou du site bakchich.info ((site de désinformation ou d'information polémique, voir [[http://bakchich.info]])) ont le même degré de fiabilité, de crédibilité. De par la facilité de publier sur Internet, et l'absence de corps régulateur comme par exemple un corps de journalistes (pour la presse) ou d'éditeurs (pour l'édition), la fiabilité de l'information disponible sur le réseau est naturellement plus discutable que celle disponible sur des médias plus régulés comme la presse, la télévision ou la radio. La notion d'e-réputation est une conséquence de cette recherche de fiabilité de l'information. Vérifier systématiquement les sources de l'auteur d'un article est fastidieux, aussi le lecteur se fie d'avantage à la réputation du site ou de l'auteur de l'article. Ce procédé n'est pas nouveau, c'est le même que sur les autres médias comme la presse, la radio ou la télévision. La crédibilité des journaux dépend de leur notoriété, un journal à sensation pourra pour faire augmenter ses ventes orienter une information relatée tandis qu'un journal réputé plus sérieux prendre plus de temps à vérifier ses sources et ses affirmations, ce qui compte ici c'est véhiculer une information de qualité en laquelle le public peut se fier. Le public se fie à la réputation du journal et lui accorde donc plus ou moins de crédit selon celle-ci. Si le concept de réputation n'est pas nouveau, ce qui l'est en revanche ce sont les critères d'évaluation de la fiabilité de la source, nous retiendrons notamment : la qualité du contenu rédactionnel ou pictural, la crédibilité de l'auteur de la publication, la qualité des sources quand elles sont citées, la fréquence de publication, la fraîcheur de l'information, le nombre de commentaires, et surtout, la quantité et la qualité des autres sites qui en parlent. === La qualité du contenu === La qualité rédactionnelle, la qualité des images ou contenus multimédias, le soin de la présentation sont les premiers facteurs d'influence. Le site de Maître Eolas((Le Blog de Maitre Eolas, ou "Journal d'un avocat" traite de sujets juridiques depuis 2004, régulièrement classé parmi les blogs francophones les plus lus ([[http://www.wikio.fr/blogs/top/general]]) et régulièrement cité dans les médias, et même cité dans l'hémicycle ([[http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/07/26/Eolas-au-Journal-Officiel-]]) )) est un site ayant un pouvoir d'influence non négligeable. Ce qui a fait la notoriété de ce site dont l'auteur a souhaité garder l'anonymat, c'est la qualité de son contenu, la clarté et la robustesse de son argumentation. La qualité du contenu est un facteur totalement subjectif car il n'atteste pas de la fiabilité de son contenu, cependant l'impact sur le lecteur est considérable. === La crédibilité de l'auteur ou du support === Le site lemonde.fr profite de la notoriété de sa publication papier, véritable institution de la presse française, il jouit d'une crédibilité naturelle. C'est également le cas du blog de Serge Toubiana((lire le blog de Serge Toubiana [[http://blog.cinematheque.fr/]])), directeur de la cinémathèque française qui possède auprès de son lectorat une crédibilité spontanée de par sa position sur le sujet qu'il traite. Géraldine Dormoy, journaliste de mode publie des articles sur son blog et travaille pour le site Internet l’express.fr(([[http://www.lexpress.fr/styles/]])). Ces articles faisant référence sur le site de l’express, une crédibilité supplémentaire entoure son propre blog.(([[http://blogs.lexpress.fr/cafe-mode/]])) === La qualité des sources quand elles sont citées === Bien évidemment, le fait de citer régulièrement des sources fiables permet d'augmenter sa crédibilité. Le fonctionnement du web étant basé sur la logique de l'hypertexte, le fait de citer ses sources est induit à la méthodologie éditoriale des sites web. Xavier de Mazenod((Xavier de Mazenod est consultant en communication en ligne dans le cadre de la société Adverbe, formateur au Centre de formation des journalistes (CFJ) et au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) et co-auteur avec Benoit Desavoye, Xavier Moisant et Christophe Ducamp de "Les blogs, nouveau média pour tous" éditions M2, 2005.)) va jusqu'à affirmer que nombre de blogs référents citent avec plus de rigueur que les journalistes : "Il est assez saisissant de constater comment les éditeurs de weblogs arrivent à se réguler, à auto-contrôler leurs publications. Dans l'ensemble, cela fonctionne bien : une certaine déontologie non-écrite constitue une règle que beaucoup de journalistes professionnels oublient parfois. Comme citer ses sources par exemple."((Déontologie et autorégulation des Weblogs, Xavier de Mazenod, Adverbe, 2003, [[http://www.adverbe.com/2003/06/10/d233ontologie-et-autor233gulation-des-weblogs/]])) === La fréquence de publication, la fraîcheur de l'information === La fréquence de publication permet d'entretenir un lectorat régulier et de créer une relation de confiance entre le lecteur et le site. Comme écrit plus haut((voir la notion d'immédiateté)), la fraîcheur de l'information est une qualité recherchée par les internautes toujours plus exigeants. Ne pas publier d’information aux moments clés de l’actualité fait baisser le nombre de visiteurs d’un site Internet. Le propre d’un site d’information est de pouvoir fournir à ses lecteurs des mises à jour régulières sur les sujets dont on parle au moment où ils cherchent l’information. === Le nombre de commentaires === Le nombre de commentaires est un indicateur du nombre de visites et de l'intérêt qu'a suscité le site (ou blog) auprès de ses lecteurs. Commenter un article, c’est apporter sa contribution. C’est aussi laisser la possibilité aux gens de donner leur avis, Internet permet un droit de réponse que les médias traditionnels ne peuvent pas toujours proposer. Un nombre important de lecteurs garantit un nombre important de personnes pouvant critiquer, argumenter, contredire le contenu. Ceux-ci n'hésitent pas à exprimer leurs doutes ou à contre-argumenter dans les commentaires. === Les référents === Un site référent est un site qui fait un lien vers le site en question, que ce soit en citant sa source, en citant un article ou en le recommandant. Le web est un média social, le lien hypertexte y est roi, aussi la quantité et la qualité des autres sites qui parlent du site que je consulte est non seulement le facteur qui va positionner le contenu dans les premiers résultats des moteurs de recherche (comme Google) mais aussi le facteur déterminant de la réputation d'un site. Plus le site sera cité par des sites influents, plus le site deviendra lui même influent((Nous reviendrons sur cette notion, en attendant, n'hésitez pas à lire “Page Rank in Plain English” de Tim Linden [[http://www.timlinden.com/blog/website-development/google-page-rank-in-plain-english/]] )). === L'habitude === Nous avons vu que la réputation se construisait sur plusieurs facteurs : la qualité du contenu rédactionnel ou pictural, la crédibilité de l'auteur de la publication, la qualité des sources quand elles sont citées, la fréquence de publication, la fraîcheur de l'information, le nombre de commentaires. La réputation se gagne avec rigueur et fiabilité, une fois celle-ci acquise elle est un facteur de confiance en elle-même : les internautes cultivent une sorte de fidélité envers les sites qu'ils jugent référents et sont reconnaissants envers leurs sources. Même s'ils ont un comportement "zappeur" et se laissent facilement séduire par d'autres sources d'informations, ils ne dénigrent pas pour autant une source à laquelle ils ont apporté du crédit par le passé. ==== L'information relationnelle ==== L'information sur Internet n'existe que par sa relationnalité, on arrive sur une page Internet soit en cliquant sur un lien, soit par un moteur de recherche, mais pour qu'une page soit référencée sur les moteurs de recherche, il faut qu'au moins une autre page y fasse référence((voir popularité et viralité)). Une information qui ne serait reliée par aucune page est une information réputée ne pas exister car introuvable, et pourtant, il suffit d'un seul lien, il suffit qu'un seul lecteur influent ait fait écho de cette page pour que, si elle présente un intérêt significatif, si elle apporte de la valeur à son lecteur, elle soit relayée et lue. Une notion que nous devons toujours avoir à l'esprit en considérant une information disponible sur Internet, est qu'elle n'existe que par ses relations, que par les liens qui pointent vers elle, et comme nous le verrons, plus les liens qui pointent vers elle sont nombreux et cohérents, plus elle existera. ==== L'exigence de valeur ajoutée ==== L'internaute est exigeant, il "zappe" facilement, si le contenu d'un site ne lui convient pas, en un clic le voilà reparti vers d'autres sites((Lire à ce sujet "Not Quite the Average: An Empirical Study of Web Use", Harald Weinreich, Hartmut Obendorf, Eelco Herder et Matthias Mayer, Jakob Nielsen, février 2008)). L'utilisateur attend du site web qu'il consulte, plus que de l'information il attend un service. C'est ce changement de comportement qui pousse les auteurs des sites à mettre en avant leur contenu original, fréquemment mis à jour et facile à lire en diagonale. Cette exigence de valeur ressentie prédominante marque le succès des blogs : sites à la structure informationnelle minimaliste laissant une place prépondérante au contenu. Cette valeur ajoutée est également apportée par une spécialisation de l'information, lire sur un écran est éprouvant(("Why Web Users Scan Instead of Read" Jackob Nielsen, [[http://www.useit.com/alertbox/whyscanning.html]])), l'utilisateur a le pouvoir de chercher l'information la plus significative et la concurrence est rude, aussi l'internaute préférera l'information la plus fiable, la plus digeste et la mieux présentée((voir le concept de mini-média développé plus loin)). Conclusion : immédiateté, valeur ajoutée et justesse de l'information sont les maîtres mots de la communication sur Internet, mais comment choisir parmi la quantité astronomique d'informations disponibles sur ce média ? ===== Popularité et viralité ===== Faut-il écrire "Internet" ou "l'Internet", les deux formulations coexistent et le débat a fait rage, David Weinberger(("Everything Is Miscellaneous: The Power of the New Digital Disorder" David Weinberger, Times Books, 2007)) a tranché en répondant qu'il fallait écrire "Notre Internet". Notre Internet car c'est un moyen de communication devenu un espace et maintenant média à part entière forgé par ses utilisateurs, c'est à dire non plus contrôlé, créé et régulé par une institution, des entreprises et/ou un corps de professionnels, mais par les gens, par les lecteurs eux-même. Les gens, le public, les utilisateurs, les contributeurs, les membres, quel que soit leur nom, les Internautes ont vite compris que l'outil Internet permettait de créer en outre un média consultatif mais également un média participatif. On peut laisser un message sur un blog qui nous intéresse, on peut participer à un forum de discussion, et on peut très rapidement et facilement ouvrir un blog, communiquer avec son entourage par le biais de Facebook ou devenir un relais de l'info via Twitter, Wikio, Digg, etc. ==== La publication sur Internet ==== La publication sur Internet est foisonnante car facile et gratuite, cette tendance initiée dans le cadre de ce qu'on a appelé "le Web2.0" est encouragée par l'apparition de services gratuits et faciles à prendre en main. === Facilité === Internet est devenu un média participatif, tout un chacun a la possibilité de publier. En quelques clics, il peut mettre à disposition un contenu qui sera accessible à des milliers de personnes. Avec l'apparition des blogs, la démocratisation des forums et la création de services de diffusion de contenu comme Twitter, Youtube, Flickr, qui sont des outils, il n'est pas nécessaire d'être informaticien pour publier du contenu, toute personne sachant se servir d'un ordinateur parvient en quelques clics à créer un espace de publication : Les plateformes de blogs((voir les différentes plateformes de blog comme [[http://www.blogger.com]] ou [[http://www.wordpress.com]])) permettent de publier du contenu essentiellement rédactionnel agrémenté d'éléments sonores, vidéos ou iconographiques. C’est l’un des médium les plus utilisés pour diffuser une information relative à la mode. Le secteur étant essentiellement féminin, le public des blog de mode l’est aussi. Il est très simple d’ouvrir un blog et la multiplication de ceux ayant attrait au monde de la mode est impressionnant.((Sur Tumblr.com, plate-forme de création de blogs, la mode arrive dans les premiers sujets abordés par les bloggeurs utilisant cette plate-forme, voir annexe 11.)) Flickr((voir le site de Flickr [[http://www.flickr.com]] ou son concurrent [[http://www.picasa.com]])) permet de publier ses photographies, les ranger par albums, participer à des albums collaboratifs ou des thématiques. Youtube((voir le site de Youtube [[http://www.youtube.com]] ou ses concurrents [[http://www.dailymotion.com]] et [[http://www.vimeo.com]])) permet de diffuser des vidéos et de commenter (sous format texte ou vidéo) d'autres vidéos. Twitter((voir le site de Twitter [[http://www.twitter.com]] ou son concurrent [[http://identi.ca]])) permet de publier facilement de courts messages éventuellement agrémentés d'une image (via twitpic) particulièrement adaptés à l'information brute de première fraîcheur. C’est notamment par le biais de ces outils que les invités des défilés de mode peuvent retranscrire en temps réel le déroulement du show et permettre à ceux qui les suivent sur Internet de se tenir informés en temps réel.((Voir en ligne le tweet de Géraldine Dormoy : [[http://twitter.com/GeraldineDormoy/status/937249100]] )) === Gratuité === La publication et la distribution du contenu sont basées sur un concept de gratuité, avec la multiplication des accès haut débit, les internautes ne payant qu'un abonnement d'accès, et plus la consultation. Internet est le monde de la gratuité. Le modèle économique de vente de son contenu est caduque(("Free! Why $0.00 Is the Future of Business", Chris Anderson, Wired, Février 2008, [[http://www.wired.com/techbiz/it/magazine/16-03/ff_free]])) car concurrencé par des sites plus grands et faisant des économies d'échelle (ou «effets de réseau»(("Gratuit ! : du déploiement de l'économie numérique", Olivier Bomsel, Gallimard, 2007)) ) pour réduire leurs coûts et trouvant d'autres sources de revenu (donations, publicité, services additionnels payants). La publication de contenu peut se faire gratuitement en passant par une plateforme de blogging comme wordpress.com((Wordpress héberge gratuitement près de 230 000 blogs et propose de nombreux service gratuits : [[http://en.wordpress.com/features/]])) ou de façon payante en achetant un hébergement et un nom de domaine pour un coût moyen de 20€ par an((Tarifs relevés sur le site de l'entreprise OVH, [[http://www.ovh.com/]])). Dans les deux cas, le site peut accueillir des centaines de milliers de visiteurs quotidiens, autant dire que le coût de publication, s'il n'est pas nul est totalement dérisoire. ==== Relais ==== Comme nous l'avons vu, l'information sur Internet est foisonnante, déstructurée, de qualité inégale. L'important est donc qu'elle soit liée, nous l'avons vu : "l'information n'existe que si elle est liée" (cf. l'information relationnelle). C'est à ce moment qu'apparaît la notion de relais d'information, concept inhérent à la diffusion virale de l'information sur Internet. === Relayer l'information === Relayer l'information, c'est faire du bouche à oreille, que ce soit par courrier électronique ou par messagerie instantanée (Chat) ou par les espaces de discussions (Forums, Newsgroups). Relayer l'information, c'est aussi ce qui se fait en dehors de l'espace Internet, par des discussions, des relais médiatiques ou publicitaires On retrouve souvent lors de la parution d'une nouvelle campagne publicitaire des échos sur les blogs de mode qui peuvent montrer l'impact qu'elle aura sur un certain public. === Gazouiller, creuser === Certains sites sont permettent de relayer l'information, de la promouvoir, de la structurer. C'est le cas par exemple de Digg ((voir en ligne [[http://www.digg.com]])) qui n'est qu'un annuaire de liens. Les internautes peuvent facilement ajouter de nouveaux liens et voter pour les liens qui leur ont plu. Les liens sont hiérarchisés par catégories et mots clés, commentés et regroupés par thématique, pertinence, popularité... Digg, véritable tremplin pour la "perle rare", plus elle sera consultée, plus elle recevra de votes, par conséquent elle suscitera la curiosité d'un plus grand nombre d'internautes, recevra plus de votes, etc. Moins formel et plus relationnel, Twitter((To tweet veut dire "gazouiller" en anglais, voir [[http://www.twitter.com]])) est un outil qui permet également de relayer facilement des liens influents. Twitter permet de suivre d'autres utilisateurs dont on apprécie l'avis qui vont relayer une information susceptible de nous intéresser. Si Digg et Twitter sont des outils de promotion, on peut aussi citer Delicious ((voir en ligne [[http://www.delicious.com]])) qui lui est un annuaire de liens structuré par mots clés. Le net est vaste, on aime garder ses liens préférés sous forme de favoris (ou bookmarks), avec delicious on y a accès de partout (maison, lieu de travail). Delicious nous permet de les classer par mots clés et de les partager si bien qu'à grande echelle, les milliers d'utilisateurs de Delicious sont en train de ranger le net par mots clés et par popularité. ==== La référence est un vote ==== Nous l'avons vu, relayer une information, c'est exercer une influence sur son propre lectorat, en fait c'est là l'essence même d'Internet. Nous avons également vu qu'une information n'avait d'existence en elle-même que si elle était référencée. Faire référence à une information, c'est voter pour elle. L’utilisation d'Internet pour relayer une information permet de voir que les choix des internautes peuvent différer des choix qui seront faits par une rédaction plus importante type quotidien national à grand tirage. Les internautes en plus de jouer le rôle de transmetteur d’une information vont aussi pouvoir l’enrichir au fur et à mesure des articles qu’ils vont pouvoir croiser et mettre en référence. === De la réputation à la source === Tim Berners Lee était un scientifique(("Le projet a commencé avec la philosophie que l'information académique devait en grande partie être librement accessible à tous.", Tim Berners-Lee cité dans " The Search: How Google and Its Rivals Rewrote the Rules of Business and Transformed Our Culture." John Battelle, New York: Portfolio, 2005)) et la notion de citation sous-jacente à celle de l'hypertexte porte déjà en elle celle de réputation. Cette réputation, ou renommée, ou même fiabilité peut se transposer dans le milieu de la recherche académique lorsqu'un enseignant-chercheur jouissant d'une renommée fiable cite un article publié par autre enseignant-chercheur. Le lecteur se dit que comme il a confiance en la rigueur de l'auteur citant, il peut accorder du crédit à l'auteur cité. Il en est de même pour les sites Internet, si l'auteur d'un site ayant une bonne e-reputation cite comme source un autre site, on peut naturellement accorder du crédit au site cité, c'est un peu le principe véhiculé par l'adage "Les amis de mes amis sont mes amis.". Bien entendu ce raisonnement présente des failles, mais c'est cependant celui sur-lequel repose le crédit et la réputation des sites. === De l'hypertexte au Page Rank === Le moyen le plus courant pour accéder sur Internet à une information sur un sujet est d'effectuer une requête via un moteur de recherche. Là aussi un problème de filtrage du contenu survient : comment trier la quantité astronomique d'informations disponibles sur Internet ? quand je cherche "Haute Couture" sur le moteur de recherche Google, celui-ci trouve environ 5 900 000 pages, il y aurait donc sur Internet près de six millions de pages accessibles et connues par Google((Google représente 98% des recherches effectuées sur Internet, nous nous bornerons à l'étude de ce moteur de recherche.)) en rapport avec l'expression "Haute Couture". Bien entendu on peut supposer que l'ensemble des informations disponibles sont de qualité différentes, Google va donc les classer de telle sorte que l'information la plus significative, la plus référente apparaisse en premier, pour ce il s'appuie sur son algorythme : PageRank. Google, sur son site précise : "L'élément fondamental de notre logiciel est PageRank, un système de classement des pages Web mis au point [...] à l'Université de Stanford."(("Pourquoi Google ?" [[http://www.google.fr/why_use.html]])) L'idée de base de Sergey Brin et Larry Page pour classer la pertinence des informations et de prendre en compte non seulement les mots clés qui déterminent un site mais les liens qui pointent vers lui. Ce modèle calqué sur le modèle d'évaluation de la recherche académique ou //quotation index// : combien de fois un enseignant-chercheur a-t-il été cité dans un corpus de revues prédéterminées par son secteur. La qualité est considérée comme propriété émergente de la quantité, la procédure de sélection du contenu est assimilée au suffrage universel, mais pondéré par une aristocratie de l'importance au moyen d'une analyse de contenu, selon un modèle mixte de la démocratie éclairée ou bien tempérée(("Google Moi", Barbara Cassin, Albin Michel, 2007)). "PageRank est un champion de la démocratie : il profite des innombrables liens du Web pour évaluer le contenu des pages Web -- et leur pertinence vis-à-vis des requêtes exprimées. Le principe de PageRank est simple : tout lien pointant de la page A à la page B est considéré comme un vote de la page A en faveur de la page B. Toutefois, Google ne limite pas son évaluation au nombre de « votes » (liens) reçus par la page ; il procède également à une analyse de la page qui contient le lien. Les liens présents dans des pages jugées importantes par Google ont plus de « poids », et contribuent ainsi à « élire » d'autres pages."(("Pourquoi Google ?" [[http://www.google.fr/why_use.html]])) Le classement des pages présentées par les moteurs de recherche s'appuie donc sur ces trois fondements : * Un lien, un vote. * Tous les liens ne se valent pas : on pondère le nombre de citations par la valeur et le domaine du site de référence. * La valeur du site et de la citation est elle-même mesurée par le nombre de liens qui y renvoient. ==== De la viralité à la popularité ==== Le buzz ((Le terme Buzz est un anglicisme de bourdonnement souvent traduit par "effet boule de neige" a dépassé son cadre initial d'utilisation (Internet) pour se répandre dans la communication courante comme "information exceptionnelle qui se propage rapidement".)) est un terme apparu en France avec la notion de viralité, c'est une sorte de publicité sauvage qui passe par le consommateur et le fait devenir vecteur du message. En effet, ce mode de diffusion par "bouche à oreille", permet une propagation exponentielle du message. Cette propagation démultipliée rappelle celle d'un virus s'introduisant dans un organisme : chaque nouvelle cellule infestée va produire à la chaîne d'autres virus qui vont également se répliquer, évoluant ainsi de manière exponentielle jusqu'à l'arrivée d'un taux de saturation ou l'émergence d'un autre micro-organisme. Ainsi, le buzz est caractérisé par sa vitesse de transmission et son caractère éphémère, il peut être spontané ou initié par une marque et il a la particularité d'être relayé par son lectorat. Parmi les buzz récemment connus, il y la vidéo de Brice Hortefeux à l'université d'été de l'UMP faisant une plaisanterie sur l'origine maghrébine d'un jeune sympathisant, vidéo qui relayée par le site lemonde.fr est vue plus d'un millions de fois lors des quatre premiers jours, mais il y a aussi des individus comme Kamini ou Rémi Gaillard sur-lesquels nous reviendrons. Le buzz qui est une caractérisation spectaculaire du phénomène de viralité est propre à Internet par son ampleur et sa rapidité de diffusion. Pour illustrer ce propos, nous prendrons trois exemples : Kamini, Rémi Gaillard et Style Rookie. === Kamini === En septembre 2006, Kamini Zantoko, jeune français d'origine congolaise écrit et tourne en amateur avec quelques amis la chanson de rap Marly-Gomont((La vidéo en question est visible sur le site Youtube à l'adresse [[http://www.youtube.com/watch?v=wPJ-xRaw2l8]])) qui raconte avec humour l'ennui des jeunes dans le monde rural et la difficulté d'appartenir à la seule et unique famille de noirs du village. Initialement postée sur le site de vente en ligne de T-Shirt lafraise.com, la vidéo de Kamini connaît par son originalité un succès immédiat, elle est relayée par d'autres forums de discussion, blogs, sites de vidéo en ligne, si bien qu'en quelques jours, 500 000 personnes ont déjà vu son clip amateur diffusé uniquement via Internet et sans le support d’aucune maison de disques. Le clip est rapidement relayé par les médias : la chanson passe sur les radios nationales et Kamini signe avec le producteur RCA (Sony) un single sorti le 13 novembre 2006 qui atteindra, dans l'année les 480 000 ventes. Le phénomène Kamini est parmi les premiers gros succès de personnalités françaises ayant émergé par le média Internet((Kamini est même cité parmi les quinze personnalités « nées sur le web » choisies par Time Magazine comme personnalité de l'année, « Person of the year: Power to the People », Time Magazine, 13 décembre 2006)). === Rémi Gaillard === Rémi Gaillard, plus connu sous le pseudonyme de "N'importe Qui"((Voir son site en ligne [[http://www.nimportequi.com/]])), réalise des vidéos mettant en avant un comique de situation et des impostures filmées dans la rue, qu'il diffuse ensuite sur le net. Par son site Internet ainsi que par les sites de diffusion de vidéo en ligne comme Dailymotion et Youtube, Rémi Gaillard se fait connaître. Son slogan, « C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. » résume de manière ironique le fonctionnement de la viralité sur Internet : c'est en faisant quelque chose qu'on devient quelqu'un, autrement dit, une personne, qui qu'elle soit (n'importe qui) peut par la seule valeur de son message accéder à la popularité. Il illustre cette théorie par ses actes en réalisant des vidéos amateur spectaculaires qu'il diffuse sur Internet. Sans aucune publicité autre que celle inhérente à la viralité d'Internet, Rémi Gaillard revendique 374 millions de vidéos officielles vues sur Internet((N'ayant pas la possibilité de vérifier cette affirmation, en s'appuyant sur les statistiques diffusées par Youtube [[http://www.youtube.com/user/nqtv]] et Dailymotion [[http://www.dailymotion.com/nqtv]] nous pouvons trouver un nombre de consultation proche de celui avancé par Rémi Gaillard.)) === Style Rookie === Style Rookie, est un phénomène dans le domaine des blogs relayant l’information de mode. Tavi est une jeune blogeuse de 12 ans qui régulièrement poste des articles d’elle sur son blog vêtue de tenues plus ou moins extravagantes qu’elle a acheté aux puces. Car Tavi est une chineuse, elle n’hésite pas à essayer différentes pièces vestimentaire, à porter d’incroyables accessoires. Ses tenues sont inspirées des séries de photos, derniers défilés, dernières tendances qui sont au coeur de la blogosphère. Elle a été remarquée par le biais du site Chictopia, qui permet à chacun de poster quotidiennement ou plus si il le souhaite une photo de lui portant une tenue. Les personnes inscrites au site pouvant laisser des commentaires à propos des tenues des autres inscrits. L’âge moyen de ces participants passionnés de mode varie la plupart du temps entre 15 et 35 ans. Tavi étant la plus jeune bloggeuse active à ce jour. Son blog est remarquablement foisonnant pour une jeune fille de son âge, elle s'intéresse à l’art, à la mode, au cinéma, mais surtout à la mode! Elle ose toutes les audaces et voit dans les vêtements qu’elle se procure un sorte de déguisement qui l’amuse beaucoup. Si Tavi est aujourd’hui connue par tous les acteurs de la blogosphère, c’est par l'interaction qu’il y a entre les différents sites et blogs. Le principe, lorsque l’on parle d’un sujet étant de citer les sources, à chaque article réalisé sur elle ou sur son blog, l’internaute peut voir l’adresse de son site. En se rendant sur le site de Géraldine Dormoy, on peut lire un article(([[http://blogs.lexpress.fr/cafe-mode/2008/12/prodigieuse-tavi.php]])) à propos des talents de cette bloggeuse en herbe et à la fin de l’article, on peut en un clic avoir accès au site en question. On voit à la fois le travail de diffusion d’une information mais aussi la source qui est citée et qui permet de voir tout de suite de quoi il s’agit. ===== L'ère du mini-média ===== ==== The Long Tail, ou l'application de la loi de Zipf ==== La Long Tail est une loi mathématique de distribution qui stipule qu'une population à grande fréquence ou grande amplitude est suivie par une population à fréquence faible ou de faible amplitude, qui diminue graduellement en une « queue ». Bien souvent, cette population, peut, au total représenter un poids ou un nombre plus important que le premier. Par exemple : //Les articles peu lus d'une encyclopédie ont, collectivement, plus de lecteurs que les articles les plus souvent consultés//. {{:projects:memoire:long_tail.png?650|}} De telles répartitions sont étonnamment fréquentes. Par exemple, selon la loi de Zipf((George Kingsley Zipf "Selected Studies of the Principle of Relative Frequency in Language." Cambridge (Mass.), 1932.)), dans l’anglais courant, le mot //the// est le plus courant ; d’autres mots courts tels que //of//, //and// et //to// sont aussi très courants, beaucoup plus que d’autres mots courants. Par exemple, le mot //the //représente 12 % des mots utilisés, tandis que le mot //barrack// survient moins d’une fois sur 50 000 ; mais par accumulation, les mots aussi rares que //barrack// composent environ un tiers du texte. Ces mots rares sont la longue queue du vocabulaire anglais. Jonathan Harris((Jonathan Harris est une sorte de statisticien/artiste/plasticien qui crée des oeuvres (multimédia) à partir de données statistiques.)) donne une excellente illustration de ce principe ((sur le site [[http://www.wordcount.org]].)). Dans "Power Laws, Weblogs, and Inequality"((Clay Shirky, dans "Networks, Economics, and Culture", 8 février 2003)), Clay Shirky, décrit l'application de la loi de Zipf sur la popularité des sites web comme phénomène naturel, cette théorie, reprise et démontrée par Jakob Nielsen((Jakob Nielsen, "Zipf Curves and Website Popularity", Alertbox, 15 septembre 1997 et "Diversity is Power for Specialized Sites", Alertbox, 16 juin 2003)) montre que : * Un nombre très faible de sites ont un lectorat gigantesque * Les sites à faible lectorat apportent diversité et spécialisation * Le lectorat cumulé des sites à faible lectorat dépasse les sites à fort lectorat Autrement dit, la majorité de l'information est véhiculée par les sites qui ont le moins de lecteurs((L'annexe 9 montre des exemples de blogs abordant la thématique de la mode distribués au long de la Long Tail)). ==== Proximité, diversité et spécialisation ==== La diversité est la richesse du web, on note l'apparition de médias spécialisés, par proximité de sujet (ou même proximité géographique), c'est le cas par exemple je reçois le flux d'informations de mon de syndicat copropriété ou le condensé d'information sur mon domaine de recherche précis. Ces médias n'ont que 100 à 200 lecteurs, il s'agit de mini-médias((Le terme de mini-média ne correspond à aucune littérature officielle, il sera amené à changer, on pourrait l'appeler //média confidentiel// ou //média spécialisé//, mais //mini-média// sonne mieux.)). {{:projects:memoire:long_tail_seo.png?650|}} La diversité est la richesse du web, le foisonnement de l'information et la facilité d'accès à des publications intimistes donnent naissance à la multiplication des sites spécialisés. Ces petits sites ont moins de lectorat que les gros, mais ils peuvent toutefois être référents dans leur niche(("Small websites get less traffic than big ones, but they can still dominate their niches. For each question users ask, the Web delivers a different set of sites to provide the answers." dans "Diversity is Power for Specialized Sites", Jakob Nielsen, op cit.)). Par sites spécialisés, nous entendons la précision du sujet ou la proximité avec le lectorat en terme de centre d'intérêt, de traité ou même de lieu géographique. Des sites spécialisés vont toucher leur lectorat par la justesse de l'information, la précision et les attentes particulières du lectorat souhaitant s'informer (ou se tenir informé) sur un sujet précis sans être submergé par le brouhaha des informations généralistes, on parle alors d'économie de l'attention((Toute l’économie de l’attention est basée sur la captation du fameux temps de cerveau disponible : la question du choix du lecteur de «dépenser» son attention. Et l’un des éléments clé de ce système est la pertinence : un contenu perçu comme pertinent par le lecteur retiendra son attention : "Information is light, Information, in itself, about anything, is light" (Tom Stoppard) )). La manière de traiter l'information a également un forte influence sur le choix du lecteur, celui-ci préférera un niveau de langage plus ou moins soutenu ou un degré de sérieux selon ses attentes, sa manière d'appréhender le sujet et sa capacité à digérer l'information. Par exemple, en plus de sa qualité éditoriale, Fonelle((Fonelle alias Sophie Fontanel est journaliste du magazine Elle, par l'intermédiaire de son blog elle parme tous les jours de sujets ayant rapport avec la mode sous un angle humoristique. voir en ligne : [[http://blogs.elle.fr/fonella]])), blogeuse influente dans le monde de la mode prend un ton humouristique, festif et décalé pour commenter l'actualité de la mode. C'est l'humour et la désinvolture apparente avec laquelle elle traite ses sujets qui fait l'argument majeur du blog de Fonelle. La proximité géographique est elle-aussi une orientation qu'est en train de prendre le web, notamment avec la démocratisation d'Internet mobile à tel point que les prochains navigteurs Internet seront en mesure de transmettre aux fournisseurs de services des informations sur la géo-localisation de l'internaute ((Que ce soit par relevé GPS ou par analyse du lieu de connexion, la prochaine génération de navigateur Internet sera en mesure de fournir au site sur-lequel il est en train de naviguer des informations de géo-localisation [[http://www.mozilla.com/en-US/firefox/geolocation/]])), ainsi par exemple quand je chercherai "Fleuriste" à Paris ou à Marseille, le résultat de mes recherches sera influencé par les services que je pourrai trouver à proximité. ==== Recommandation ==== L'idée originale d'Internet était un média de pair à pair ((On parle notamment de Peer to Peer quand il s'agit de fichiers et de One to One quand il s'agit de marketing)), un média social où des pairs (des individus) pourraient échanger entre eux. Cette possibilité technique et cette philosophie ont notamment donné naissance aux mails et aux forums, héritiers des Newsgroups et Bulletin Board Systems, ancêtres du World Wide Web. Cette notion est restée, de manière générale, les internautes aiment avoir l'avis de leurs pairs pour se forger leur opinion, les sites marchands comme amazon.com((Amazon est un des pionniers de la vente en ligne, aujourd'hui acteur incontournable du web marchand, voir [[http://amazon.com]])) et fnac.com ((fnac.com est le site de vente en ligne de l'enseigne FNAC, première entreprise Française de vente de produits culturels. Fnac.com représente environ 10% du chiffre d'affaires de FNAC)) ont mis en place des espaces de commentaires sur les fiches de leurs produits, ainsi en achetant un produit sur ces sites, on a accès aux commentaires des utilisateurs, et autres acheteurs du site en ligne ((Nous éviterons ici d'entrer dans le débat sur la pertinence des commentaires.)) qui recommandent ou non le produit en question. Sur les sites de vente en ligne, on peut facilement lire des commentaires élogieux ou incendiaires sur les produits et la satisfaction qu'ils ont apporté aux consommateurs, les acheteurs aguerris ou hésitants prennent en compte les commentaires dans leur acte d'achat. Ce phénomène dénote que spontanément, les internautes vont accorder d'avantage de crédit à leurs pairs qu'aux messages publicitaires des entreprises. Certains sites comme Ciao.fr((Voir par exemple les commentaires sur une marque de Shampoing distribuée en grande surface [[http://www.ciao.fr/Mixa_Bebe_Shampooing_tres_doux__105976]])) se sont même spécialisés sur les avis des internautes sur des produits de consommation courante. Ce phénomène de recommandation de pair à pair a évidemment énormément d'influence sur le milieu de la mode, et ce sont les réseaux sociaux qui on pris une place prépondérante dans l'influence vestimentaire. Facebook est devenu en quelques années un véritable phénomène, avec environ 6 millions de français inscrits sur ce réseau social, il a détrôné les autres réseaux sociaux en un an((entre décembre 2007 et octobre 2007, facebook est passé de la 4ème position à la première, source : , "Facebook Is Big In France", Leena Rao, Techcrunch, 17 février 2009, [[http://www.techcrunch.com/2009/02/17/facebook-is-big-in-france/]])), maintenant, qu'ils soient voisins, ou à l'autre bout de la terre, la tenue vestimentaire de nos amis est consultable par les photographies postées sur Facebook. Chaque personne devient donc un relais d'influence auprès de ses amis présents sur le site et devient ainsi par le biais de son profile un mini-média. Facebook est un réseau social généraliste, d'autres réseaux sociaux se sont créés uniquement autour du phénomène de mode, c'est le cas par exemple de lookbook((Le site [[http://lookbook.nu/]] titre "collective fashion consciousness", c'est une sorte de réseau social axé autour de la mode.)), son principe est simple : chaque utilisateur peut poster des photographies de ses tenues vestimentaires. Les membres peuvent voter pour leurs tenues favorites et suivre les publications des membres dont ils apprécient le goût. Ainsi chaque personne qui poste une tenue peut influer sur la tenue d'autres personnes, chaque membre publiant auprès d'un petit groupe de lecteurs devient ainsi un mini-média. Ce principe du mini-média s'applique bien entendu également aux blogs, ce sont les milliers de blogs qui enrichissent la Long Tail : peu influents, lus par une audience limitée, ils ont, collectivement un impact considérable sur l'ensemble de la blogosphère. C'est le cas par exemple de Maria((voir son blog : [[http://vanillascented.blogg.no/02/]])), étudiante norvégienne qui publie régulièrement des photographies de tenues qu'elle assemble ou des clichés d'articles de mode qu'elle commente. ===== Vers un nouvel équilibre pour l'élite de la mode ===== Internet permet de faire émerger une nouvelle élite méritante qui accède à la popularité par ce nouveau média, notamment grâce au street-style. Le street-style sur Internet permet d'accéder à la popularité sans passer par le filtre de l'élite et e mieux prendre en compte l'individualité du public. ==== L'effet "génération Y" ==== La génération des 15-32 ans, aussi appelée //génération Y// ou //peuple des connecteurs//(("Le peuple des connecteurs : ils ne votent pas, ils n'étudient pas, ils ne travaillent pas... mais ils changent le monde" Thierry Crouzet, Bourin, 2006.)) joue un rôle important dans le fonctionnement d'Internet, toutes proportions gardées, les jeunes sont les les plus gros créateurs de blogs ou de site Internet personnels. Ils sont nés avec l’outil multimédia. Ils ont connu les téléphones portables et ont su rapidement s'adapter aux nouvelles technologies et aux évolutions d’Internet. Alors qu’il faut plusieurs mois pour permettre à un Sénior d’utiliser Internet, les jeunes acteurs ont appris et assimilé des notions sur Internet qui leur permettent de s'acclimater très vite tout seuls aux nouveautés de la toile. Internet fait partie de leur quotidien et son utilisation est devenue presque indispensable : Ouvrir les pages jaunes pour trouver un numéro de téléphone, s'adresser à une agence de voyage pour commander un billet de train ou chercher le meilleur itinéraire sur une carte routière, ces comportements ont été remplacés respectivement par pagesjaunes.fr, voyages-sncf.com et mappy.fr. Cette jeune génération majoritairement étudiante ou scolarisée passe son temps sur les nouveaux réseaux de communication. Ils passent des heures à chatter sur les services de messagerie instantanée comme MSN((MSN est le système de messagerie instantanné le plus populaire créé par la société Microsoft [[http://www.msn.com]])), à s’envoyer des textos, à publier des messages, liens, photographies et vidéos à destination de leurs amis sur Facebook. L’aspect communautaire fait partie intégrante de l’esprit de ces jeunes internautes, habitués à laisser des commentaires sur les blogs de leurs relations, à commenter les recettes, concerts, vidéos qu'ils ont apprécié, relayer l'information, etc. Le monde de la mode ne pouvait pas échapper à cette tendance, les jeunes branchés ("hype" selon leurs propres mots) devenant des leaders d'opinion, il était naturel que la mode se les approprie, s'appropriant ainsi leur mode de communication. ==== Un nouveau lieu pour de nouveaux acteurs ==== Dans le microcosme de la mode, nous pouvons distinguer deux groupes, ceux qui y ont un rôle à jouer et ceux qui veulent en faire partie. A l'entrée des défilés, les photographes de look se bousculent pour prendre des clichés des invités et de leurs tenues extravagantes, c'est le point de rencontre des professionnels de la mode et de leurs admirateurs. Ces derniers utilisent Internet comme média de publication (facile d'accès, gratuit, communautaire...) et parviennent pour certains à obtenir de la notoriété. A force de travail et de régularité, ceux dont le propos est le plus juste et le goût le plus affûté ont acquis par la seule qualité de leur travail la possibilité d'accéder à une certaine popularité et devenir ainsi un acteur influent du milieu de la mode. L'élite traditionnelle de la mode décrite dans la deuxième partie de cette recherche, s'est enrichie au cours du temps de nouveaux acteurs. Désormais, grâce à Internet, de nouvelles personnes se font connaître, elles sont devenues influentes grâce à leur public sur leurs sites. C'est à la fois le public de l'ancienne élite mais aussi de nouveaux acteurs qui vont pouvoir intégrer cette élite dont les moyens d'accès changent. Cet establishment des acteurs traditionnels est remis en question par ces nouveaux acteurs qui ont su par la qualité de leurs travaux, et le processus "démocratique" de sélection propre à Internet accéder à un statut autrefois plus difficile d'accès. Cette méthode de sélection des influenceurs directement par le processus de viralité d'Internet semble plus démocratique, plus juste, plus égalitaire. Appartenir à l'élite du monde de la mode c'est appartenir aux gens qui y exercent une influence. Parallèlement aux médias traditionnels, Internet exerce une influence de plus en plus forte qui va se propager sur les médias traditionnels donc influer sur l'élite en place. Plus leurs supports seront lus et partagés sur la toile, plus ils intéresseront les médias traditionnels qui voient en eux une opportunité : être à la pointe de la tendance, et avoir un accès direct à ce qui se trouve dans la rue. Parler de la tendance c'est aussi s'y trouver, repérer et parler des nouveaux acteurs issus d'Internet permet à ceux qui relatent l'information de "rester dans le coup" (et par là de conserver leur hégémonie). C'est en s'associant à ces nouveaux acteurs qu'ils les propulsent au sein de l'élite. Car pour en faire partie, il faut à la fois une reconnaissance du public mais aussi une reconnaissance de ses pairs. C'est le cas de Garance Doré((Dont le site [[http://www.garancedore.fr/]] est visité quotidiennement par des milliers d'internautes.))qui depuis 2006 tient un blog mêlant à la fois illustrations et photos de rue. Ce blog a en deux ans touché un immense public, le propos de Garance Doré est simple, amusant, et souvent juste. Elle se promène appareil au poing pour tenter de photographier ceux qui feront la mode de demain, repérant les nouvelles tendances, relevant des effets de mode, son œil expert lui permet d'apporter un regard nouveau sur la mode, du fait du format du blog qui lui donne plus de liberté dans la rédaction de ses notes et le choix de ses publications. Elle est très vite repérée par les rédactions de mode, devient conseillère pour des grandes marques et tient une chronique sur le site Internet de Vogue((C'est le cas par exemple de cet chronique intitulée "Une fille un style" sur vogue.fr : [[http://www.vogue.fr/mode/unefilleunestyle/]])). ==== Internet comme démocratisation du moyen d'accès à l'élite de la mode ==== Grâce à Internet, il est possible de se faire connaître sans engager de gros moyens comme c'était le cas par le biais des médias traditionnels. Les blogs offrent cette possibilité de publication moins onéreuse, beaucoup plus facile et rapide. Tout le monde peut créer son blog et parler de mode et potentiellement devenir reconnu et cité par tous les acteurs de la mode. En ce sens, Internet permet une démocratisation des moyens d'accès à l'élite de la mode. Internet est un média démocratique, il offre à tout le monde un moyen d'expression et la pertinence de cette expression sera évaluée, relayée ou non selon le principe de viralité((Nous avons donc ici deux fondements de la démocratie qui sont la liberté d'expression et l'évaluation par vote.)). Il existe des sites((Chictopia [[http://www.chictopia.com/browse]] et Lookbook [[http://lookbook.nu/]] sont deux sites communautaires où les passionnés de mode peuvent partager leurs avis sur leurs tenues.)) qui offrent à leurs adhérents la possibilité de publier leurs photos des tenues qu'ils portent. En ajoutant une photo, une description détaillée de l'ensemble de leurs tenues, les adeptes peuvent à tout moment voir les nouveaux ajouts, commenter les tenues qui leur plaisent et s'en inspirer librement. Quel est le but de tels sites ? Permettre à plusieurs personnes partageant la même passion de la mode de pouvoir communiquer, se conseiller et encourager leurs associations de vêtements. Plus une photo sera commentée et plus elle deviendra populaire, c'est signe que les gens en parlent. On est à nouveau face au phénomène "boule de neige". Tant et si bien que de ces sites, peuvent naître des acteurs. Ainsi Sophie ((Voir en ligne le profil de Sophie sur Lookbook : [[http://lookbook.nu/user/9235-Sophie]])), jeune anglaise de seize ans a pu en une douzaine de looks postés depuis son inscription atteindre en moyenne entre 30 et 60 commentaires par post. Les inscrits peuvent donner leur avis et contribuer à son succès. Le principe est simple : chaque utilisateur peut accorder un point "hype" à la tenue de Sophie. Plus elle aura de points "hype" et plus Sophie arrivera en tête du classement des tenues les plus regardées. Ici encore ce sont les internautes qui vont élire Sophie, lui attribuer des points pour lui permettre ou non de se classer parmi les tenues qui ont suscité le plus d'engouement. Ce système de vote met en avant les principes méritocratiques propres à ce média. Louise Ebel, plus connue sous le nom de Pandora tient un blog dans lequel elle publie pêle-mêle des articles en relation avec son sujet d'étude : l'histoire de l'art mais aussi des photos d'elle. En quelques temps elle a acquis un nouveau public qui suit ses nouvelles notes. Son succès réside principalement dans le fait qu'elle soit passionnée de mode, elle se trouve dans la foule des manifestations de mode, le festival de Hyères, les présentations des défilés... De cette façon, elle a l'occasion de se faire photographier régulièrement par des blogs influents qui lorsqu'ils publient une photo d'elle ajoutent en bas de page le lien vers son blog. Les gens allant ensuite voir ce blog peuvent si ils sont intéressés par sa façon de s'habiller suivre en direct son site et avoir accès aux photos qu'elle peut y publier. Ainsi Garance doré ((ur cette série, Louise Ebel est photographiée par Garance Doré : [[http://misspandorapandora.blogspot.com/2008/09/early-winter-part-i.html]] et [[http://misspandorapandora.blogspot.com/2008/10/early-winter-part-ii.html]])), Géraldine Dormoy((Louise Ebel est présente dans de nombreux billets, notamment [[http://blogs.lexpress.fr/cafe-mode/2008/06/et-louise-crea-pandora.php]] , [[http://blogs.lexpress.fr/cafe-mode/2008/05/un-cafe-avec-louise-ebel.php]] , [[http://blogs.lexpress.fr/cafe-mode/2008/04/hyeres-une-affaire-de-style.php]] et [[http://blogs.lexpress.fr/cafe-mode/2008/04/festival-de-hyeres-premier-ape.php]] )), Margaux Motin ((Louise Ebel publie elle-même l'article de Margaux Motin [[http://misspandorapandora.blogspot.com/2008/11/louise-par-margaux-motin.html]])), Scott Schuman alias The Sartorialist ((he Sartorialist publie cette photo [[http://thesartorialist.blogspot.com/2008/02/louise-at-louvre-paris.html]] sur son blog.)), Craig Arend alias Altamiranyc ((Craig Arend publie cette photo de Louise Ebel sur son blog [[http://altamiranyc.blogspot.com/2008/10/outside-of-givenchy-louise-ebel.html]])) ont contribué à sa popularité sur Internet... Plus elle sera citée dans des blogs influents, c'est à dire lus et dont l'avis est suivis par de nombreuses personnes, et plus la notoriété de Louise Ebel va grandir((CCela répond à un commentaire paru à la suite d'une note sur son blog qui lui demande les raisons de son succès au sein des blogs de mode. Suite à la note : [[http://misspandorapandora.blogspot.com/2008/11/louise-par-margaux-motin.html]]. "(…)Il y a peu de temps, quelques mois à peine je pense, personne ne savait qui vous/tu étiez/étais sur Internet mis à part peut être les fins connaisseurs. Et puis soudainement, tout le monde n'avait plus que “Louise Ebel” à placer dans toutes les conversations. Après la vision des photos, du style, de quelques interviews, je comprends pourquoi votre/ton personne est tellement fascinant mais ça ne résout toujours pas mes interrogations. D'où ma question, qui pourrait paraître bête, voire déplacée, mais comment cette évolution a-t-elle pu avoir lieu en aussi peu de temps et surtout d'une manière aussi exorbitante ? Était-ce un chemin étape par étape ou est-ce que vous/tu avez/as été submergé par tout ce trouble ?(…)" )) Ces exemples montrent que le média Internet rend le processus d'accès à la popularité plus démocratique, cette popularité est un tremplin vers l'élite. Il est possible d'outrepasser les systèmes de co-optation et de vérouillage propres à un milieu convoité. Internet c'est le suffrage universel direct de l'accès à l'élite. ==== Les photographes de street-style, un nouveau vecteur de tendances ==== Depuis plusieurs années, on voit apparaître dans les magazines, les sites Internet et les blogs de mode aussi bien en France qu'à l'étranger des photographies prises sur le vif dans la rue sans aucune préparation. Les protagonistes prennent une pause ou sont photographiés à leur insu pour l'intérêt de leurs tenues. Le street-style est devenu un vrai phénomène au sein de la mode, alors qu'il était réservé à un corps de profession limité (les cools hunters) on voit aujourd'hui fleurir sur le net de nombreux blogs et sites collaboratifs qui lui sont dédiés. De par la facilité d'accès aux outils numériques (appareils photo, accès Internet...), les photographes se multiplient et l'engouement de ce nouveau moyen d'expression touche un public de plus en plus important. La proximité entre le public et les acteurs des photographies crée une empathie de la part des internautes à qui l'on offre la possibilité de s'identifier aux personnes photographiées. Ce sont des gens ordinaires qui sont photographiés, les photos ne sont pas retouchées, c'est cette proximité et cet effet néo-réaliste voir naturaliste qui séduit les lecteurs. Les photos de street style offrent au public de nouvelles perspectives : on peut à la fois découvrir le vêtement porté par différentes personnes, trouver une multitude d'associations possibles de ce vêtement avec d'autres mais aussi assister à l'émergence de nouvelles tendances. Les photos de street-style permettent au lecteur de découvrir de nouveaux vêtements et de voir de quelle manière ils peuvent être portés. Par la richesse des contenus et le foisonnement des photos de street style, il peut aussi voir toutes les associations possibles de cette pièce. En fonction des blogs on pourra voir une robe portée avec des bottes de motard et un perfecto en cuir, et retrouver cette même robe sur un autre blog portée cette fois avec des escarpins et une pochette élégante. Le street-style permet surtout de rendre compte de la naissance d'une tendance venue de la rue. Photographier les créateurs de la mode, l'élite de la mode est une chose, photographier les protagonistes de la rue en est une autre. Les tendances, une fois récupérés par la rue peuvent être réadaptés par des acteurs plus modestes. Les articles de mode sont alors détournés de leur usage habituel, portés autrement. La rue œuvre alors à la création d'une tendance propre en s'appropriant un vêtement et en lui donnant un autre sens. C'est remettre une robe ancienne au goût du jour, c'est porter un chapeau ancien avec un costume neuf, apporter sa touche personnelle à un objet de mode existant. Le street-style est devenu un vecteur de tendances. En plus d'influencer les lecteurs, parfois acteurs des photos, ce courant va influencer l'élite de la mode. Les créateurs de mode ne se cachent pas des inspirations qu'ils puisent dans les photos de street style. Si bien que ces photos peuvent faire partie intégrante d'un carnet de tendances réalisé pour préparer la naissance d'une nouvelle collection. Les journalistes de mode peuvent aussi s'appuyer sur des tendances révélées par des photos de street-style pour créer une série de mode. Scott Schuman((Appelé The Sartorialist, Scott Schuman est parmi les photographes de street-style les plus reconnus sur Internet [[http://www.thesartorialist.com/]].)), dans un entretien accordé au magazine Vogue en 2009 se souvient d'une rencontre avec Carine Roitfeld rédactrice en chef du magazine qui l'arrête dans la rue pour lui dire qu'elle adore ses photos. ===== Conclusion générale ===== Ce nouveau médium de transmission des tendances fonctionne de façon démocratique. Tout le monde peut être photographié dans la rue. Il suffit de porter une tenue originale et de se trouver sur le chemin d'un photographe de street-style. Cela rejoint la notion de popularité. Tout le monde peut avoir une place sur Internet, plus on sera bon dans un domaine et plus notre notoriété sur Internet sera importante. La notoriété s'acquiert au mérite, ce sont les internautes qui s'élisent entre eux. Les gens jugés les mieux habillés seront les plus connus car leurs tenues seront très commentées et partagées par d'autres internautes par le biais d'articles ou de liens au sujet des blogs influents. Les sites communautaires de street-style permettant en quelques clics de créer un profil, publier ses photos et suivre les publications d'autres membres dont on partage les goûts, rejoignent la notion de mini-média. En effet, il n'existe pas une mode mais des modes, des tendances, chacun a des besoins vestimentaires qui lui sont propres. Les besoins des personnes sont conditionnés par leurs goûts, leurs physionomies, le climat, les environnements culturels et les zones géographiques dans lesquelles elles évoluent, leur garde robe existante, leurs moyens financiers... Les sites de street style permettront de suivre les autres internautes dont les photos publiées correspondent le mieux aux besoins de la personne, nous sommes alors dans un schéma de spécialisation, voir de personnalisation de l'information. Internet offre par ce foisonnement des moyens d'expressions et de transmission de l'information la possibilité à tous de s'exprimer et de trouver un média qui puisse entièrement correspondre à ses attentes en matières de mode. Si toutefois, le média en question n'existait pas encore, l'internaute peut très facilement créer son propre média par le biais duquel il relayera l'information qu'il juge intéressante, et proposer sa propre interprétation de la mode basée sur son goût personnel. Cette personnalisation de l'information, ne remet-elle pas en question la suprématie écrasante et globalisante des élites au profit d'une multitude de référents spécialisés ? Même si le processus de création est concentré dans les mains d'une élite existante, le monopole des élites starifiées de la presse globale pourrait être remis en question par un retour à l'influence de la rue. Tout au long de notre étude, on a remarqué que l'existence d'Internet a modifié l'élite de la mode aussi bien dans sa structure (arrivée de nouveaux acteurs) que dans ses critères d'accès (démocratisation des moyens d'accès à l'élité). Désormais Internet faisant partie intégrante de notre quotidien, nous ne pouvons plus ignorer les nouvelles influences qui transitent par lui. Les blogs de mode, et de street-style, de plus en plus nombreux qui constituent les mini-médias jouent un rôle essentiel aussi bien dans la diffusion de l'information liée à la mode mais aussi dans la création et propagation des tendances (effet "boule de neige" et Long Tail). C'est le moment pour l'élite traditionnelle de composer avec ces nouveaux médias, qui vont avoir de plus en plus d'influence. L'élite n'est pas amenée à disparaitre, elle sera enrichie de nouveaux acteurs qui pourront grâce à la démocratisation des moyens d'accès aux mini-médias, venir d'horizons toujours plus modestes. De nouveaux acteurs sont amenés à se faire connaitre par le biais d'Internet et à rejoindre l'élite de la mode. Celle ci n'hésite pas à les intégrer elle-même, repérant les "stars du web", qui pourront du fait de leur notoriété acquise de façon démocratique, une fois au service de l'élite ajouter du prestige à ses actions. Si aujourd'hui Garance Doré peut s'entretenir avec Sonia Rykiel((Garance Doré s'est fait ouvrir les portes du studio, pour une séance photo particulière : [[http://www.garancedore.fr/2009/09/18/chez-sonia/]])), c'est parce que son blog attire des milliers de visiteurs. C'est la garantie pour la marque de faire parler d'elle à grande échelle et pour Garnce Doré d'accroitre encore son lectorat et sa popularité, elle a eu le privilège de cet entretient. Les deux parties trouvent donc un intérêt commun à de telles associations. Garance Doré, de simple bloggeuse, passera à bloggeuse influente par le système démocratique d'Internet, elle intéressera ensuite l'élite qui la fera rejoindre ses rangs pour lui proposer de mettre plus directement à profit ses compétences et sa sensibilité. L'élite de la mode devra surtout composer avec les nouveaux acteurs, adapter son contenu, créer des médias plus performants qui lui permettent de conserver sa place et continuer à utiliser les nouveaux outils mis à sa disposition pour exercer son influence. Elite et minis-médias vont donc continuer une cohabitation cordiale tous deux liés par une interdépendance qui fait la richesse des contenus.